PMA et accompagnement sophrologique
- sophroinside
- il y a 10 heures
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Le parcours de procréation médicalement assistée (PMA) constitue bien souvent une épreuve profonde pour les couples qui s’y engagent. Au-delà des protocoles médicaux, des examens et des traitements hormonaux, c’est l’ensemble du projet de vie qui peut vaciller lorsque la conception ne survient pas comme attendu. L’accompagnement sophrologique s’inscrit alors comme un soutien complémentaire, centré sur l’équilibre émotionnel et la réappropriation de soi.
Un bouleversement existentiel
Pour de nombreux couples, le désir d’enfant fait partie intégrante de leur trajectoire de vie. Lorsque survient un diagnostic d’infertilité ou de difficulté à concevoir, il ne s’agit pas uniquement d’un obstacle médical : c’est parfois le sentiment d’un deuil, celui de la parentalité “naturelle” imaginée, spontanée, inscrite dans une continuité évidente.
Ce deuil n’est pas toujours clairement identifié. Il peut s’exprimer par une tristesse diffuse, une perte de repères ou une remise en question identitaire. Certaines personnes décrivent un sentiment de dépossession de leur corps, devenu “terrain médical”, rythmé par les cycles, les injections, les examens, les résultats biologiques.
La fluctuation des émotions et l’épreuve de l’attente
Le parcours PMA est jalonné d’attentes : attente des résultats d’examens, attente d’un cycle, attente d’une réponse à un traitement, attente d’un test de grossesse. Cette temporalité suspendue crée une tension psychique particulière.
Les émotions fluctuent souvent de manière intense et parfois contradictoire :
Espoir et optimisme au début d’un protocole
Anxiété face à l’incertitude des résultats
Colère ou injustice ressentie face aux échecs
Tristesse profonde après une tentative non concluante
Culpabilité ou sentiment d’infériorité
Cette instabilité émotionnelle peut fragiliser l’estime de soi. Certains se perçoivent comme “défaillants”, “incomplets”, ou responsables de la situation, même lorsque la cause médicale est clairement identifiée. L’entourage, parfois maladroit malgré de bonnes intentions, peut accentuer ce mal-être par des remarques minimisant la souffrance ou en posant des questions intrusives.
Au sein du couple, la pression et la répétition des échecs peuvent générer tensions et incompréhensions. La colère liée au sentiment d’échec peut être projetée sur le partenaire, entraînant conflits ou repli sur soi.
La place de la sophrologie dans l’accompagnement
La sophrologie propose un cadre d’accompagnement centré sur l’écoute, la respiration, la détente corporelle et la mobilisation des ressources internes. Elle ne remplace pas un suivi médical ni psychologique lorsque celui-ci est nécessaire, mais peut constituer un soutien complémentaire.
Accueillir et réguler les émotions
Par des exercices de respiration contrôlée, de relâchement musculaire et de visualisation positive, la sophrologie aide à :
Identifier et nommer les émotions (angoisse, tristesse, colère)
Diminuer la charge anxieuse liée à l’attente
Apaiser les tensions corporelles associées au stress
Le simple fait d’offrir un espace d’expression sécurisant permet souvent de sortir de l’isolement émotionnel.
Restaurer l’estime de soi
Le parcours PMA peut altérer l’image de soi, notamment lorsque la fertilité est associée à l’identité féminine ou masculine. Les pratiques sophrologiques favorisent une reconnexion aux capacités, aux qualités personnelles et aux réussites, en dehors de la question de la parentalité.
Progressivement, la personne peut se percevoir autrement que par le prisme de l’échec reproductif. Elle retrouve un sentiment de valeur et de compétence dans d’autres sphères de sa vie.
Se réapproprier son corps
Lorsque le corps est vécu comme “défaillant” ou soumis aux contraintes médicales, il peut devenir source de méfiance ou de frustration. Les exercices de conscience corporelle permettent de :
Retrouver des sensations positives
Réinstaurer un rapport plus doux et respectueux à son corps
Sortir d’une relation exclusivement médicalisée
Cette réappropriation contribue à réduire le sentiment de dépossession.
Préserver le lien conjugal
En aidant chacun à mieux comprendre et réguler ses propres émotions, la sophrologie peut indirectement soutenir la communication au sein du couple. Une meilleure gestion de la colère et du stress limite les réactions impulsives et favorise l’expression plus apaisée des besoins et des peurs.
Certaines séances peuvent également être proposées en couple, afin de renforcer le sentiment d’équipe face à l’épreuve.
Se remobiliser vers des projets porteurs de sens
Lorsque le parcours PMA occupe tout l’espace psychique, la vie peut sembler suspendue à un résultat. La sophrologie encourage la redécouverte d’activités sources de plaisir, d’engagement ou de créativité. Sans nier la place du désir d’enfant, elle aide à rééquilibrer les investissements de vie.
Se projeter à nouveau, même modestement, dans des projets personnels ou professionnels permet de retrouver un sentiment de mouvement et de liberté.
Reprendre la main sur sa vie
Le parcours PMA confronte souvent les couples à une impression de perte de contrôle : sur le corps, sur le temps, sur l’avenir. L’accompagnement sophrologique n’a pas pour vocation de garantir une issue médicale, mais d’aider à restaurer un espace de maîtrise intérieure.
En apprenant à calmer ses angoisses, à accueillir ses émotions sans s’y laisser submerger, à se reconnecter à ses ressources et à son corps, la personne peut progressivement retrouver un sentiment d’autonomie.
Reprendre la main sur sa vie, dans ce contexte, ne signifie pas tout contrôler. Cela signifie retrouver une capacité à choisir son attitude, à prendre soin de soi et à préserver son équilibre, même au cœur de l’incertitude. Lorsque l’on se sent dépossédé de son corps et de son projet initial, cette reconquête intérieure constitue déjà une forme essentielle de pouvoir retrouvé.

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